3éme épisode.
A l’entrée, donc, vous avez tout ce qui est
relativement soft et même ludique : des habits, des perruques, des jeux,
dés, cartes sexy, poupées gonflables, bandes dessinées, strings en
bonbons, sucettes seins ou pénis, etc.
Dans des vitrines un peu plus
loin mais toujours proche de l’entrée, des articles un peu plus
spécifiques mais toujours politiquement correct (enfin, il me semble) :
des sex-toys, godes, vibros, godes-ceintures, fouets, menottes,
foulards, œufs vibrants, vagins vibrants ou pas, bouches, anus,
développeurs de pénis. A côté ou dans un autre endroit, tout ce qui est
bijoux sexuels, pinces à seins, plugs décoratifs, piercings, cockrings,
yeux de biche…. (pour le vocabulaire inconnu, je vous laisse chercher
sur le net, je veux bien vous déniaiser, mais je suis pas un dico non
plus…).
Sur des pendants, dans le centre du magasin, des vêtements en cuir, latex, des costumes d’infirmières, de la lingerie fine…
A
côté de la caisse, il y a généralement les préservatifs, les petits
souvenirs pas cher, et une vitrine sous clés dans laquelle ou trouve
toutes sortes de produits : des huiles de massages, différents gels
lubrifiants, anesthésiants, chauffants, du drop sex, des aphrodisiaques,
des parfums, et, bien sûr, les poppers.
Après, au fond du magasin, il y a toujours le vidéoclub, des cabines, et parfois une « salle » ou un « cinéma ».
C’est
l’activité principale des sex-shops en fait : le visionnage de films
pornographiques. Les cabines sont plus chères, on peut y entrer seul ou
en couple, avec le film qu’on a choisi, et avec la télécommande on le
regarde comme on veut, on peut passer en accéléré, revoir une scène,
etc. (on a la télécommande mais les lecteurs de DVD en séries se
trouvent, eux, près de la caisse.)
Le cinéma, est un endroit
collectif ou il y a entre 15 et 30 sièges, parfois des places debout sur
le devant. A part dans mes fantasmes, j’imagine mal une nana y mettre
les pieds, c’est quand même un endroit où plusieurs mecs se branlent en
même temps. C’est moins cher, on paie parfois à la durée, on ne choisi
pas le film qui passe et il n’y a pas d’accélération ou retour arrière
possible.
Que dire d’autre ?
Dans les sex-shops, les films
sont parfois classés par maison de production ou acteurs stars, mais le
plus généralement, ils sont classés par « spécialités ». Parce que,
bien sûr, si vous êtes zoophile ou que vous aimez les très jeunes
filles, tant que vous ne passez pas à l’acte, vous n’êtes pas un
« pervers ». Vous aimez juste choisir vos films dans la catégorie
« canine » ou « teen-ager ».
Les spécialités sont en gros, de deux sortes.
Il
y a celles qui ont trait aux particularités physiques des acteurs : les
« mature » (après 30 ans, oui, ça fait un choc de se sentir si
vieille), les « nature » ou « hairy » (non épilé quoi), les « black and
white », les « asia », les « ethniques », les « fat bottom » (avec des
gros culs), les nains, les obèses, les trans…
Puis il y a celles qui
ont trait aux prouesses spécifiques des actes présents dans le film :
spécial gays, sado-maso, spécial spanking (fessée), sodomies, doubles
pénétrations, fist-fucking, gaping (dilatations), gang-bang ou bukakke,
les femmes fontaines, les DVD uros, scatos, nourriture, vomis…
Bref,
parfois, rien qu’en passant dans certains rayonnages, il faut fermer
les yeux ou avoir l’estomac bien accroché pour ne pas avoir des hauts le
cœur à la vue des jaquettes…
Voilà donc où je rentrais, avec la ferme intention de ne pas m’attarder.
Je
ne venais pas faire du tourisme et flâner devant les vitrines, mais
faire mes achats le plus rapidement possible. Avec le temps que j’avais
passé à errer dans Plan de campagne, j’avais au moins pu me faire une
petite liste de ce que je voulais.
J’avais quand même chez moi
quelques petites choses vibrantes, souvenirs de la fameuse réunion
coquine avec les copines, et des déshabillés sympas achetés lors d’un WE
en amoureux à Nice (dans une boutique de vêtements pour prostitués
travelos, à cause de ma taille, mais c’est une autre histoire…).
Je
commençai par me chercher des menottes en fourrure rouge et une jolie
perruque brune, raide, au carré. J’avais prévu de me faire aussi une
mouche au coin de la lèvre au crayon noir, et de me donner le genre de
Catherine Zeta Jones dans le film « Chicago ». Les prix, hélas, étaient
exorbitants : pas une perruque en dessous de 75€ !!! C’est là que ma
ballade du matin s’avéra utile : chez « Tout pour la fête » j’avais
repéré des perruques relativement similaires à moins de 10€, et des
menottes à 5€. Je décidai que je complèterai mes achats là bas plus
tard, en même temps que j’achèterai un chapeau de fée et une baguette
magique pour les 4 ans de la petite Doris où nous allions le WE suivant.
Je
voulais de nouvelles boules de geisha. La première fois que j’en avais
acheté, j’avais choisi le modèle premier prix. Mais la cordelette pour
les retirer était en nylon et, avec le temps et l’humidité, elle s’était
détériorée et ne me semblait pas très hygiénique, surtout pour un
endroit aussi fragile et intime. Je trouvai rapidement un modèle 100 %
silicone, noir et rose, avec un design en forme de cœur, joli et
abordable, que je posai sur la caisse.
Les choses devenaient plus compliquées : je voulais du poppers, j’allais devoir demander.
Je
n’en avais jamais pris. Je suis extrêmement méfiante sur tout ce qui
concerne les états modifiés de la conscience et, a priori, il n’y a que
l’alcool qui trouve grâce à mes yeux. Je ne touche même pas aux pétards
ou aux spaces cakes quand il y en a dans certaines soirées (et de toutes
façons, plus je vieillis, moins il y en a ! )
Mais, depuis peu,
j’expérimentai les drogues sur ordonnances, telles que les anxiolytiques
et les antidépresseurs. Quitte à faire le tour de choses légales,
pourquoi pas le poppers ? Le sujet m’intéressait suffisamment pour que
je sois informée sur la question : je savais que les nitrites de butyle,
les nitrites de pentyles et nitrites d’amyles étaient interdit en
France depuis 1990 et qu’on ne trouve plus que des nitrites d’isopropyl.
Je
savais que, d’après les consommateurs, ces « faux poppers » étaient
moins bien, que ça apportait moins de détente et plus de maux de tête.
Mais je me disais que, sur une novice comme moi, ça ferait forcément
quelque chose.
L’air le moins timide et le plus à l’aise possible, je bredouillai : «
- Je voudrais aussi un flacon de poppers s’il vous plait.
- Bien sûr, lequel ? »
Pffffffffffffff,
en voilà une question. Je découvris qu’il y avait plusieurs marques, et
plusieurs parfums. J’étais venue sur un coup de tête, je n’avais pas
fait d’étude approfondie non plus… Je n’avais pas osé chercher des infos
sur le net à midi au Mac Do, toujours à cause de ces connections non
sécurisées… J’en choisis donc un au hasard, au parfum « noix de coco »,
parce que cette odeur, qui est celle typique des crèmes solaires, a
toujours été associée dans mon esprit à la nudité et la sexualité.
Voilà, j’étais assez contente de moi.
Mais le plus dur restait à faire.
Je voulais acheter un nouveau DVD pour ma collection.
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