dimanche 24 février 2013

Sortie improvisée au X-Center 3/5

3éme épisode.

A l’entrée, donc, vous avez tout ce qui est relativement soft et même ludique : des habits, des perruques, des jeux, dés, cartes sexy, poupées gonflables, bandes dessinées, strings en bonbons, sucettes seins ou pénis, etc.
Dans des vitrines un peu plus loin mais toujours proche de l’entrée, des articles un peu plus spécifiques mais toujours politiquement correct (enfin, il me semble) : des sex-toys, godes, vibros, godes-ceintures, fouets, menottes, foulards, œufs vibrants, vagins vibrants ou pas, bouches, anus, développeurs de pénis. A côté ou dans un autre endroit, tout ce qui est bijoux sexuels, pinces à seins, plugs décoratifs, piercings, cockrings, yeux de biche…. (pour le vocabulaire inconnu, je vous laisse chercher sur le net, je veux bien vous déniaiser, mais je suis pas un dico non plus…).
Sur des pendants, dans le centre du magasin, des vêtements en cuir, latex, des costumes d’infirmières, de la lingerie fine…

A côté de la caisse, il y a généralement les préservatifs, les petits souvenirs pas cher, et une vitrine sous clés dans laquelle ou trouve toutes sortes de produits : des huiles de massages, différents gels lubrifiants, anesthésiants, chauffants, du drop sex, des aphrodisiaques, des parfums, et, bien sûr, les poppers.

Après, au fond du magasin, il y a toujours le vidéoclub, des cabines, et parfois une « salle » ou un « cinéma ».
C’est l’activité principale des sex-shops en fait : le visionnage de films pornographiques. Les cabines sont plus chères, on peut y entrer seul ou en couple, avec le film qu’on a choisi, et avec la télécommande on le regarde comme on veut, on peut passer en accéléré, revoir une scène, etc. (on a la télécommande mais les lecteurs de DVD en séries se trouvent, eux, près de la caisse.)
Le cinéma, est un endroit collectif ou il y a entre 15 et 30 sièges, parfois des places debout sur le devant. A part dans mes fantasmes, j’imagine mal une nana y mettre les pieds, c’est quand même un endroit où plusieurs mecs se branlent en même temps. C’est moins cher, on paie parfois à la durée, on ne choisi pas le film qui passe et il n’y a pas d’accélération ou retour arrière possible.

Que dire d’autre ?

Dans les sex-shops, les films sont parfois classés par maison de production ou acteurs stars, mais le plus généralement, ils sont classés par « spécialités ». Parce que, bien sûr, si vous êtes zoophile ou que vous aimez les très jeunes filles, tant que vous ne passez pas à l’acte, vous n’êtes pas un « pervers ». Vous aimez juste choisir vos films dans la catégorie « canine » ou « teen-ager ».
Les spécialités sont en gros, de deux sortes.
Il y a celles qui ont trait aux particularités physiques des acteurs : les « mature » (après 30 ans, oui, ça fait un choc de se sentir si vieille), les « nature » ou « hairy » (non épilé quoi), les « black and white », les « asia », les « ethniques », les « fat bottom » (avec des gros culs), les nains, les obèses, les trans…
Puis il y a celles qui ont trait aux prouesses spécifiques des actes présents dans le film : spécial gays, sado-maso, spécial spanking (fessée), sodomies, doubles pénétrations, fist-fucking, gaping (dilatations), gang-bang ou bukakke, les femmes fontaines, les DVD uros, scatos, nourriture, vomis…

Bref, parfois, rien qu’en passant dans certains rayonnages, il faut fermer les yeux ou avoir l’estomac bien accroché pour ne pas avoir des hauts le cœur à la vue des jaquettes…

Voilà donc où je rentrais, avec la ferme intention de ne pas m’attarder.
Je ne venais pas faire du tourisme et flâner devant les vitrines, mais faire mes achats le plus rapidement possible. Avec le temps que j’avais passé à errer dans Plan de campagne, j’avais au moins pu me faire une petite liste de ce que je voulais.

J’avais quand même chez moi quelques petites choses vibrantes, souvenirs de la fameuse réunion coquine avec les copines, et des déshabillés sympas achetés lors d’un WE en amoureux à Nice (dans une boutique de vêtements pour prostitués travelos, à cause de ma taille, mais c’est une autre histoire…).

Je commençai par me chercher des menottes en fourrure rouge et une jolie perruque brune, raide, au carré. J’avais prévu de me faire aussi une mouche au coin de la lèvre au crayon noir, et de me donner le genre de Catherine Zeta Jones dans le film « Chicago ». Les prix, hélas, étaient exorbitants : pas une perruque en dessous de 75€ !!! C’est là que ma ballade du matin s’avéra utile : chez « Tout pour la fête » j’avais repéré des perruques relativement similaires à moins de 10€, et des menottes à 5€. Je décidai que je complèterai mes achats là bas plus tard, en même temps que j’achèterai un chapeau de fée et une baguette magique pour les 4 ans de la petite Doris où nous allions le WE suivant.

Je voulais de nouvelles boules de geisha. La première fois que j’en avais acheté, j’avais choisi le modèle premier prix. Mais la cordelette pour les retirer était en nylon et, avec le temps et l’humidité, elle s’était détériorée et ne me semblait pas très hygiénique, surtout pour un endroit aussi fragile et intime. Je trouvai rapidement un modèle 100 % silicone, noir et rose, avec un design en forme de cœur, joli et abordable, que je posai sur la caisse.

Les choses devenaient plus compliquées : je voulais du poppers, j’allais devoir demander.
Je n’en avais jamais pris. Je suis extrêmement méfiante sur tout ce qui concerne les états modifiés de la conscience et, a priori, il n’y a que l’alcool qui trouve grâce à mes yeux. Je ne touche même pas aux pétards ou aux spaces cakes quand il y en a dans certaines soirées (et de toutes façons, plus je vieillis, moins il y en a ! )

Mais, depuis peu, j’expérimentai les drogues sur ordonnances, telles que les anxiolytiques et les antidépresseurs. Quitte à faire le tour de choses légales, pourquoi pas le poppers ? Le sujet m’intéressait suffisamment pour que je sois informée sur la question : je savais que les nitrites de butyle, les nitrites de pentyles et nitrites d’amyles étaient interdit en France depuis 1990 et qu’on ne trouve plus que des nitrites d’isopropyl.
Je savais que, d’après les consommateurs, ces « faux poppers » étaient moins bien, que ça apportait moins de détente et plus de maux de tête. Mais je me disais que, sur une novice comme moi, ça ferait forcément quelque chose.
L’air le moins timide et le plus à l’aise possible, je bredouillai : «
- Je voudrais aussi un flacon de poppers s’il vous plait.
- Bien sûr, lequel ? »
Pffffffffffffff, en voilà une question. Je découvris qu’il y avait plusieurs marques, et plusieurs parfums. J’étais venue sur un coup de tête, je n’avais pas fait d’étude approfondie non plus… Je n’avais pas osé chercher des infos sur le net à midi au Mac Do, toujours à cause de ces connections non sécurisées… J’en choisis donc un au hasard, au parfum « noix de coco », parce que cette odeur, qui est celle typique des crèmes solaires, a toujours été associée dans mon esprit à la nudité et la sexualité.

Voilà, j’étais assez contente de moi.
Mais le plus dur restait à faire.
Je voulais acheter un nouveau DVD pour ma collection.

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