1er épisode.
L’un des effets positifs des antis dépresseurs, c’est qu’ils luttent avec moi, comme de vaillants petits soldats, contre cette putain de dépression.
L’un de leurs effets négatifs c’est, incontestablement, l’influence désastreuse qu’ils ont sur ma libido. A moins que ce ne sois la dépression elle-même qui ne soit pas des plus excitante. J’étais donc heureuse, cette dernière semaine, de voir que la sus nommée libido semblait sortir de son coma et que de nouveau, des papillons venaient chatouiller mon estomac.
Mais hélas, il est plus facile d’être une femme libérée sexuellement derrière l’anonymat d’un écran et d’un clavier, que de pénétrer en vrai dans un temple de l’impudeur pour y faire ses achats. Car oui, je fais ma mariolle quand j’organise des réunions coquines avec mes copines, mais en gros, ça va pas plus loin. Rentrer dans un sex-shop à Marseille ? Alors que je connais toute la ville ou presque ? Sûrement pas. Ma pire hantise : tomber sur le père d’un des enfants que je garde quand je fais la super animatrice de crèche…
Et puis, dans ma vraie vie, je suis toujours affublée de pleins de minots pendus à mes basques. Donc non, j’avoue, je ne fréquente pas ces boutiques là. En tous cas pas depuis que je suis maman. Mais j’ai gardé la nostalgie de mes 20 ans, lorsque nous arrivions à 2H du mat dans le sex-shop de notre amie Paule pour boire un coup en écoutant de la musique classique, et que nous papotions joyeusement avec les prostituées indépendantes de Toulouse qu’elle fournissait gracieusement en préservatif.
Quant aux achats sur Internet qui furent mon lot ces dernières années ? Je suis, hélas, sans maison et donc Sans Connexion Fixe depuis quelque mois et je n’utilise que des connexions WIFI non sécurisées, je préfère donc éviter d’y balancer mon numéro de carte bleue…
Mercredi 16 Juin 2011.
Cette jornée n’avait pas commencé de la façon la plus sexy qu’il soit : à 8H j’avais posé Malo au centre aéré et dès 9H du matin j’étais, avec mon ex, dans le bureau de la psy de mon fils ainé pour son bilan de fin de thérapie. Je me faisais confirmer ce que je savais déjà : mon fils allait beaucoup mieux, mais gardait une forte propension à s’angoisser pour la moindre chose. La psy était plutôt sympa, elle n’a même pas fait de commentaire quand elle a vu que j’étais venue avec mon petit Audrick de 1 an ½ , que je n’avais pas réussi à faire garder. Mon ex avait proposé de le garder dans la salle d’attente pendant qu’elle nous verrait à tour de rôle mais Antonin voulait nous parler à tous les deux en même temps.
Moi, j’étais soulagée pour mon fils mais je trouvais ça un peu étrange d’être là avec mon bébé, et j’avais hâte de me casser.
Une demi-heure plus tard, je quittai Bouc Bel Air par l’autoroute, révisant mentalement mon programme de la journée : en premier lieu, m’arrêter à Carrefour Grand Littoral faire les courses pour la kermesse de l’école, au nom de l’association des parents d’élèves dont je suis quasiment l’unique représentante. C’est dans un demi brouillard que j’aperçu sur ma droite l’immense panneau d’affichage : « A 5 minutes, à plan de campagne, X Center, le N°1 du X ».
Machinalement, je pris la sortie Plan de campagne.
Je slalomai un temps dans cet immense labyrinthe de la consommation, suivant les flèches « X Center » de plus en plus petites, jusqu’à arriver au lieu dit, en face de la Palmeraie. Je continuai un peu, me garai devant un supermarché biologique tout proche, sortis de la voiture vaguement émoustillée, le cœur battant légèrement plus vite qu’à la normale, lorsqu’un « détail » me revint à l’esprit.
Le « détail » avait 19 mois et me regardait en disant « maman. »
Il était 10H et, le « détail », qui était réglé comme une horloge, devait s’endormir pour une petite sieste de fin de matinée vers 11H, s’il gardait son rythme habituel. Je pris donc mon mal en patience et décidai d’aller faire les courses de la kermesse dans une des grandes surfaces de la zone. Moins d’une heure après, le coffre plein de bouteilles de cocas et de bonbons, je me garai à nouveau près du supermarché biologique, mis mon Audrick dans la poussette, et arpentai les rayonnages de fruits secs et de semoule d’épeautre complète en attendant que mon bébé d’amour veuille bien s’endormir (et j’achetai aussi quelques pots de délicieuses et onéreuses pâtes à tartiner bio aux amendes, aux noisettes, etc.)
Audrick ne s’endormait pas. Il regardait tout, attrapait tout.
Nous allâmes à « Tout pour la fête ».
A « Babou ».
A « Gifi ».
A « Bois et chiffons ».
Il était toujours éveillé.
Je finis par me dire que c’était l’attrait des magasins qui l’empêchait de dormir et décidai de ne plus entrer dans les boutiques, mais de marcher uniquement sur les parkings.
Une part de moi trouvait ça assez loufoque, de me balader sur les parkings de Plan de Campagne, avec ma poussette, à attendre que mon bébé s’endorme pour aller dans un « X Center ». Mais une autre s’amusait de l’aventure.
Ces temps ci, de toute façon, je suis tellement décalée de tout, que je suis ouverte aux expériences les plus extrêmes. La semaine précédente, j’avais trainé mon petit Audrick en haut de notre Dame de La Garde pour allumer un cierge. Je dormais avec, sous mon oreiller, un sac d’herbes magiques concocté par mon ami Marvin. Je prenais soin d’une poupée guatémaltèque à mon effigie. Je buvais du Coca light au lieu de boire du vin. Mon amie Karol venait de me tirer les cartes et je m’écorçai de retrouver mon « enfant intérieur ». Finalement ce que je faisais là n’était pas plus fou, juste un épisode de plus dans le feuilleton déconnecté de la réalité qu’est devenue ma vie…
11H30 l’enfant dormait enfin.
Je vérifiai plusieurs fois, arrêtai la poussette, redémarrai : c’était bon, je l’avais eu !!!
Enfin, je poussai la porte du magasin, noire, en verre, comme la vitrine. Il n’y avait pas d’autre indiction que « X Center, le N°1 du X. Interdit aux moins d e18 ans. »
L’un des effets positifs des antis dépresseurs, c’est qu’ils luttent avec moi, comme de vaillants petits soldats, contre cette putain de dépression.
L’un de leurs effets négatifs c’est, incontestablement, l’influence désastreuse qu’ils ont sur ma libido. A moins que ce ne sois la dépression elle-même qui ne soit pas des plus excitante. J’étais donc heureuse, cette dernière semaine, de voir que la sus nommée libido semblait sortir de son coma et que de nouveau, des papillons venaient chatouiller mon estomac.
Mais hélas, il est plus facile d’être une femme libérée sexuellement derrière l’anonymat d’un écran et d’un clavier, que de pénétrer en vrai dans un temple de l’impudeur pour y faire ses achats. Car oui, je fais ma mariolle quand j’organise des réunions coquines avec mes copines, mais en gros, ça va pas plus loin. Rentrer dans un sex-shop à Marseille ? Alors que je connais toute la ville ou presque ? Sûrement pas. Ma pire hantise : tomber sur le père d’un des enfants que je garde quand je fais la super animatrice de crèche…
Et puis, dans ma vraie vie, je suis toujours affublée de pleins de minots pendus à mes basques. Donc non, j’avoue, je ne fréquente pas ces boutiques là. En tous cas pas depuis que je suis maman. Mais j’ai gardé la nostalgie de mes 20 ans, lorsque nous arrivions à 2H du mat dans le sex-shop de notre amie Paule pour boire un coup en écoutant de la musique classique, et que nous papotions joyeusement avec les prostituées indépendantes de Toulouse qu’elle fournissait gracieusement en préservatif.
Quant aux achats sur Internet qui furent mon lot ces dernières années ? Je suis, hélas, sans maison et donc Sans Connexion Fixe depuis quelque mois et je n’utilise que des connexions WIFI non sécurisées, je préfère donc éviter d’y balancer mon numéro de carte bleue…
Mercredi 16 Juin 2011.
Cette jornée n’avait pas commencé de la façon la plus sexy qu’il soit : à 8H j’avais posé Malo au centre aéré et dès 9H du matin j’étais, avec mon ex, dans le bureau de la psy de mon fils ainé pour son bilan de fin de thérapie. Je me faisais confirmer ce que je savais déjà : mon fils allait beaucoup mieux, mais gardait une forte propension à s’angoisser pour la moindre chose. La psy était plutôt sympa, elle n’a même pas fait de commentaire quand elle a vu que j’étais venue avec mon petit Audrick de 1 an ½ , que je n’avais pas réussi à faire garder. Mon ex avait proposé de le garder dans la salle d’attente pendant qu’elle nous verrait à tour de rôle mais Antonin voulait nous parler à tous les deux en même temps.
Moi, j’étais soulagée pour mon fils mais je trouvais ça un peu étrange d’être là avec mon bébé, et j’avais hâte de me casser.
Une demi-heure plus tard, je quittai Bouc Bel Air par l’autoroute, révisant mentalement mon programme de la journée : en premier lieu, m’arrêter à Carrefour Grand Littoral faire les courses pour la kermesse de l’école, au nom de l’association des parents d’élèves dont je suis quasiment l’unique représentante. C’est dans un demi brouillard que j’aperçu sur ma droite l’immense panneau d’affichage : « A 5 minutes, à plan de campagne, X Center, le N°1 du X ».
Machinalement, je pris la sortie Plan de campagne.
Je slalomai un temps dans cet immense labyrinthe de la consommation, suivant les flèches « X Center » de plus en plus petites, jusqu’à arriver au lieu dit, en face de la Palmeraie. Je continuai un peu, me garai devant un supermarché biologique tout proche, sortis de la voiture vaguement émoustillée, le cœur battant légèrement plus vite qu’à la normale, lorsqu’un « détail » me revint à l’esprit.
Le « détail » avait 19 mois et me regardait en disant « maman. »
Il était 10H et, le « détail », qui était réglé comme une horloge, devait s’endormir pour une petite sieste de fin de matinée vers 11H, s’il gardait son rythme habituel. Je pris donc mon mal en patience et décidai d’aller faire les courses de la kermesse dans une des grandes surfaces de la zone. Moins d’une heure après, le coffre plein de bouteilles de cocas et de bonbons, je me garai à nouveau près du supermarché biologique, mis mon Audrick dans la poussette, et arpentai les rayonnages de fruits secs et de semoule d’épeautre complète en attendant que mon bébé d’amour veuille bien s’endormir (et j’achetai aussi quelques pots de délicieuses et onéreuses pâtes à tartiner bio aux amendes, aux noisettes, etc.)
Audrick ne s’endormait pas. Il regardait tout, attrapait tout.
Nous allâmes à « Tout pour la fête ».
A « Babou ».
A « Gifi ».
A « Bois et chiffons ».
Il était toujours éveillé.
Je finis par me dire que c’était l’attrait des magasins qui l’empêchait de dormir et décidai de ne plus entrer dans les boutiques, mais de marcher uniquement sur les parkings.
Une part de moi trouvait ça assez loufoque, de me balader sur les parkings de Plan de Campagne, avec ma poussette, à attendre que mon bébé s’endorme pour aller dans un « X Center ». Mais une autre s’amusait de l’aventure.
Ces temps ci, de toute façon, je suis tellement décalée de tout, que je suis ouverte aux expériences les plus extrêmes. La semaine précédente, j’avais trainé mon petit Audrick en haut de notre Dame de La Garde pour allumer un cierge. Je dormais avec, sous mon oreiller, un sac d’herbes magiques concocté par mon ami Marvin. Je prenais soin d’une poupée guatémaltèque à mon effigie. Je buvais du Coca light au lieu de boire du vin. Mon amie Karol venait de me tirer les cartes et je m’écorçai de retrouver mon « enfant intérieur ». Finalement ce que je faisais là n’était pas plus fou, juste un épisode de plus dans le feuilleton déconnecté de la réalité qu’est devenue ma vie…
11H30 l’enfant dormait enfin.
Je vérifiai plusieurs fois, arrêtai la poussette, redémarrai : c’était bon, je l’avais eu !!!
Enfin, je poussai la porte du magasin, noire, en verre, comme la vitrine. Il n’y avait pas d’autre indiction que « X Center, le N°1 du X. Interdit aux moins d e18 ans. »
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